La pose collée/clouée
d'éléments profil droit (= non rainurés-languettés):
Principe:
L'épaisseur de ces parquets oblige une pose collée sur un support plein (chape, panneaux, carrelage, ancien plancher,...).
La grandeur des éléments, demande non-seulement de les coller mais aussi de les agrafer.
Il est donc nécessaire de disposer d'un support collable et clouable: le bois est évidemment idéal pour servir de support. La pose de grands éléments de parquet (10 mm d'épaisseur, mais jusqu'à 20 cm en largeur) sera donc précédée de la pose d'un sous-parquet.
Le sous-parquet:
On sait déjà qu'il doit être constitué de bois. Et suivant l'état du chantier dont on dispose, on prilégiera l'emploi de:
- panneaux de particules de bois: pas facile à placer, mais idéal pour "partir sur une bonne base",
- un parquet mosaïque 8 mm en chêne déclassé. C'est le sous-parquet utilisé le plus fréquemment. Il est facile à placer, et surtout, il ne doit pas être chevillé au support (pas de risques d'intrusions indésirables dans des tuyaux et autres canalisations!).
Les supports possibles pour la pose d'un sous-parquet en mosaïque déclassé:
Les supports sont nombreux, mais ils doivent impérativement être secs, fiables et assez plans.
On peut citer, avec les éventuelles précautions à prendre, et les colles à utiliser:
| - une chape | - dégager les fragments, aspirer la poussière,... | colle blanche |
|
- un vieux plancher |
- bien fixer et poncer les planches pour les dégauchir et les remettre "à nu" | colle blanche |
| - un vieux carrelage | - s'assurer de la fixité de tous les éléments | colle polyuréthane bi-composant (adaptée pour les sols non-poreux) |
Les préliminaires:
Avant de poser tout type de parquet, il faut s'assurer que:
- l'humidité maximale des maçonneries est de 2.5%,
- l'humidité maximale des enduits est de 5%,
- la température des locaux est supérieure 10°,
- la chape (si c'en est une) ne peut dépasser 2.5% d'humidité résiduelle, 1.5% en cas de chauffage-sol.
On essayera toujours de donner l'impression que le parquet est là "depuis le début". En rénovation par-exemple, on recoupera les portes, chambranles et ébrasements, de manière ne pas laisser de joints disgracieux entre le parquet et ces éléments.
La pose:
a. La pose du sous-parquet:
Elle est simple quand il s'agit d'un parquet mosaïque déclassé, d'autant plus que cette pose peut être grossière.
On n'oubliera pas de bien maroufler (piétiner) cette sous-couche, pour augmenter son adhérence, et de la poncer avant de fixer les éléments de parquets définitifs. Généralement deux passages de ponceuse avec un grain 60 suffisent.
b. La pose du parquet:
La première chose à faire est de déterminer le sens de pose. Une fois ce choix effectué, on peut procéderà l'encollage du support (le sous-parquet), sur une bande de 40 cm. En règle générale, il faut répandre 750 g de colle blanche par mètre carré.
La première planche sera posée à quelques millimètres du mur, de façon à laisser, en final, un joint de dilatation périphérique suffisant pour permettre les mouvements inévitables (bien que minimisés par l'encollage "en plein" et le clouage). En général, on considère 0.5 mm de joint par mètre linéaire de revêtement.
Après s'être assuré de la rectilinéarité de cette première ligne (ou des 2, 3 premières lignes, non arrimées mais serrées l'une contre l'autre), on agrafe les lames l'aide d'une cloueuse pneumatique de finition (petits clous de longueur = 15 mm et diamètre = 1 mm). On compte 120 clous au mètre carré, soit 6 * 2 clous dans une planche de longueur = 100 cm et largeur = 10 cm. Les clous sont frappés au travers de la lame et chassecloués de 2 mm (la cloueuse effectue cela automatiquement!). Ces trous seront évidemment enduits.
N.B.: il est essentiel de maintenir le joint de dilatation en tout point: autour des tuyaux de chauffage, d'une colonne, devant un escalier,...
La pose de ces parquets bord droit est facile: l'absence d'emboîtement permet un positionnement vertical des éléments, et un nombre illimité de découpes: il n'y a pas de rainure ou de languette préserver.
Tout va évidemment se compliquer lors de l'approche des éléments environnants (seuils de cheminée, murs, chambranles,...).
Le ponçage:
Par définition, les désafleurements sont ici plus nombreux, et le ponçage proportionnel.
Il faudra avoir recours l'artillerie lourde du parqueteur: ponceuse bande (ou rouleau), et bordureuse disque.
Deux règles techniques:
- poncer, tant que faire se peut, dans le sens des fibres,
- utiliser des abrasifs grain dégressif (souvent du 36 au 120 via le 80).
Ne pas oublier l'opération d'enduisage entre le deuxième et le troisième ponçage (voir ci-dessous).
L'enduisage:
A ne pas confondre avec un éventuel bouche-porage!
L'enduisage consiste à boucher, à l'aide d'une pâte à bois semi-liquide, l'ensemble des trous et interstices causés, tant par des erreurs de calibrage ou de jeux dans les lames, que par ... la cloueuse du parqueteur
Cette pâte bois est faite sur place, à partir de la sciure récoltée lors du ponçage du parquet.
On la mélange avec un liant nitro-cellulosique de façon à obtenir une pâte d'une consistance suffisamment liquide pour être étendue la spatule plate, mais suffisamment dense pour bien boucher les trous. Ce mélange durcit très rapidement ( 1 heure).
Notre conseil: utiliser la sciure faite (et récoltée) par la bordureuse, plus fine que la sciure de la ponceuse bande.
N.B.: il est bien entendu qu'en cas de lames chanfreinées (= biseautées sur leur côté), les trous de clous devront être enduits un par un, afin de ne pas boucher ces chanfreins...
Un dernier ponçage, au grain fin (100 ou 120) viendra terminer le travail, et éliminera le trop plein d'enduit ainsi que les traces de spatule. La finition peut alors avoir lieu.
Concernant cette finition, on se reportera la section "Les types de finition et les entretiens correspondant".